a close up of a light

Dortoir de crimes sexuels

Dortoir 7

Ils m'ont mis dans le dortoir numéro 7, si ma mémoire est bonne, un dortoir dédié aux affaires dites "morales". Quand je suis arrivé en prison, il y avait des procédures initiales. On m'a rasé la tête à zéro, soi-disant pour repousser les poux. Chaque fois que quelqu'un me voyait, il me demandait : "Quel est ton crime ?" Bien sûr, je ne pouvais pas dire "suis pédé", alors je leur disais que j'avais eu une aventure avec une fille et que ses parents avaient porté plainte contre moi. C'était l'explication la plus crédible pour justifier ma présence dans le dortoir 7, dortoir des crimes sexuels !

Lors de l'immatriculation, on m'a demandé quel était mon crime, et bien sûr, j'ai menti. Là, quelqu'un derrière moi a crié : "Menteur, c'est un pédé !" Bien sûr, peu importe son crime à lui, il reste "plus honorable" que le mien ! Pendant que j'écris, je réalise que j'utilise le mot "crime". Suis-je vraiment un criminel ?

Avant d'entrer dans le dortoir, il y avait une douche obligatoire. Là, j'ai vu que certains se douchaient nus, alors j'ai fait comme eux. Il n'y avait pas de porte pour la douche, juste des cloisons entre nous. Cette situation m'a excité et j'ai eu une érection, malgré l'état psychologique déplorable dans lequel je me trouvais. À l'époque, je ne savais pas encore que j'avais des désirs d'exhibitionnisme.

Le gardien est venu et nous a dit de ne pas nous doucher nus ! Il a donné à chacun un savon d'Alep et une éponge... Dans la douche en face de moi, il y avait un beau gars, je me souviens que son membre était bien épais, pendait bas, et qu'il était bronzé. Cette image est gravée dans ma mémoire, même après 17 ans. C'était le même gars que j'avais rencontré au tribunal et qui m'avait donné son numéro de téléphone pour qu'on se revoie après ma sortie, pour "commettre un nouveau crime ensemble", hahaha.

Je suis entré dans le dortoir 7. J'étais sous le choc, je me souviens avoir dormi par terre parce qu'il n'y avait pas de lit pour moi. Je ne me souviens plus des détails ni de combien de jours je suis resté en prison, mais je me souviens que la période entre mon arrestation et ma sortie a duré environ une semaine.

Ma mère est venue me rendre visite avec son mari. On m'a donné des vêtements de prison pour que je puisse aller les voir, car je n'avais pas le droit de porter des vêtements civils. Je me suis effondré dans les bras de ma mère en pleurant, et elle a pleuré avec moi. Mon beau-père m'a acheté un smoothie banane-lait... Ensuite, nous sommes allés voir le directeur de la prison, grâce à qui je me suis fait transférer dans le dortoir des "écoles". C'était littéralement un dortoir pour les "élites", très différent du dortoir 7. La première chose que j'ai remarquée, c'était la feuille sur la porte, avec les noms de chacun et leur crime. Là, je me suis dit que mon mensonge allait être découvert. Ils m'ont accueilli de la meilleure manière possible, car j'étais recommandé "d'en haut", et le chef du dortoir m'a permis de manger avec lui. Il avait un ordinateur et m'a informé qu'il étudiait, par correspondance, l'économie. Il avait un problème avec son ordinateur, alors je l'ai aidé à le réparer, et il a été très content de moi. Je crois que je n'y suis resté qu'une journée, car mon oncle a réussi à obtenir ma libération sous caution, et j'ai pu sortir pour continuer mon procès en liberté.

Quelqu'un dans le dortoir a crié : "Il vient d'arriver, comment ça se fait qu'ils l'ont déjà libéré ?" ... Pauvre gars, ça m'a fait de la peine pour lui, et je me suis dit qu'il n'y avait pas de justice dans ce monde.